Les trois cas de l'arabe
La fonction d'un mot ne se lit pas à sa place, mais à sa dernière voyelle.
Pourquoi c'est déroutant pour un francophone
En français, « le chien mord l'homme » et « l'homme mord le chien » disent deux choses différentes, et c'est l'ordre des mots qui le décide. En arabe, c'est la terminaison qui porte cette information : un mot marqué marfūʿ est le sujet, où qu'il soit placé dans la phrase.
Cette marque est une simple voyelle brève, souvent non écrite dans les textes courants. D'où le paradoxe : on peut lire l'arabe sans les cas, mais on ne le comprend vraiment qu'en les reconstituant mentalement. C'est le travail que fait un lecteur expérimenté sans y penser.
Emplois : Le sujet du verbe, le thème et le propos de la phrase nominale, l’attribut.
Emplois : Le complément d’objet direct, les compléments de circonstance, le complément absolu.
Emplois : Après une préposition, et comme second terme d’une annexion.
Les deux erreurs les plus fréquentes
Confondre le cas et la voyelle finale de la racine. La marque de cas s'ajoute au mot, elle n'en fait pas partie. Un même mot apparaîtra tour à tour en -u, -a ou -i selon sa fonction, sans changer de sens.
Mettre un tanwīn sur un mot défini. Le tanwīn marque l'indéfini : il ne coexiste jamais avec l'article ال, ni avec le premier terme d'une annexion. Écrire al-kitābun est une faute classique de débutant.
